Semaine #8 : Noël
Chapitre 8
Chroniques hebdomadaires d’une trentenaire en pleine rupture. Ou plutôt, en pleine renaissance.
âme d’enfant.
La semaine que j’ai à la fois tant attendue et appréhendée est là : c’est Noël.
Attendue, car Noël est indiscutablement ma fête préférée de l’année. Mon âme d’enfant ne m’a pas quittée. Je reste, et resterai probablement toujours, émerveillée devant les illuminations de toutes les couleurs qui scintillent sur les façades des maisons et sur les réverbères. Je suis et serai toujours excitée à l’idée de décorer le sapin, me lancer dans la confection de sablés à la cannelle, me délecter de thé aux épices, élaborer le menu du Réveillon, emballer les cadeaux ou encore lancer une playlist de saison et chanter à à tue-tête sur mes titres préférés. Je prends toujours autant de plaisir à visionner, activement ou passivement, des téléfilms de Noël. Aux histoires légères et sans véritable intérêt, si ce n’est de réchauffer les cœurs et apporter un peu de positivité aux personnes qui les regardent.
J’aime cette pause dans l’année, ce moment où une partie du monde se met à l’arrêt pour profiter de ses proches et ralentir. Prendre le temps de faire ce qu’on n’a pas le temps de faire d’habitude. Ou qu’on ne prend pas le temps de faire d’habitude.
Cuisiner, lire, faire des puzzles et du coloriage, écouter de nouveaux albums, lancer la série ou le film qu’on a repoussé jusque-là. Ces activités d’intérieur qui nous font reprendre des forces et nous obligent à nous ancrer dans le moment présent, vider nos esprits, redessiner notre quotidien et nous nourrir d’autres choses.
Et puis, lorsque le soleil nous honore de sa présence, ces balades dans la fraîcheur de décembre, emmitouflés de la tête aux pieds dans nos doudounes, bonnets, écharpes, gants et grosses chaussettes. Sans oublier cette quête de chaleur auprès de bons petits plats gourmands, de radiateurs ou de feux de cheminée. Qui nous incite à nous serrer davantage dans nos bras.
absence.
Voilà, j’aime profondément Noël. Mais cette nouvelle édition résonne différemment. Car en cette période festive censée n’être que joie et amour, l’absence de mon ex se fait plus présente.
Comme vous l’aurez bien compris, je n’étais pas censée être là cette année. Je n’étais pas censée vivre ce Noël hivernal français. En célibataire un peu paumée à la Bridget Jones.
J’étais censée le fêter, pour la première fois de ma vie, au soleil les pieds dans le sable. Devant les paysages grandioses de l’hémisphère sud.
Avec lui, mon conjoint et partenaire, qui m’avait assuré que cette année, promis, on le célèbrerait ensemble. Un moment que j’attendais, que dis-je, dont je rêvais, depuis des années. Car jusque-là, il préférait le fêter avec sa famille. Sujet de discorde de plus car, pour moi, il était ma famille. Et j’avais envie de passer cette fête que j’aimais tant auprès de la personne que j’aimais tant.
questions sur questions.
Forcément, j’ai la tête obstruée de pensées qui me ramènent à lui. D’interrogations qui tournent en boucle dans ma tête, maintenant que nos vies ne sont plus liées. Vivre cette fête chacun de notre côté, sans nouvelles l’un de l’autre, me travaille.
« Qu’est-ce qu’il a demandé et va recevoir ? ». « Est-ce qu’il s’y est encore pris à la dernière minute pour acheter ses cadeaux ? ». « Qu’est-ce qu’il va offrir à sa famille ? ».
Et, bien sûr, les questions inévitables : « Est-ce que ça lui fait bizarre, à lui aussi, de ne pas m’acheter de cadeaux cette année ? ». « Est-ce qu’il pense à moi ? ». « Est-ce qu’il se demande comment je vais passer les fêtes ? ». Et, cerise sur le gâteau : « Est-ce que je lui manque ? ».
Puis je repense à nos Noëls à nous (qu’on fêtait en décalé) où on dévalisait les rayons du Picard au bout de la rue. Ces soirées merveilleuses où on s’offrait nos cadeaux autour d’un un bon dîner romantique, sur notre 31, en écoutant Feliz Navidad, Santa’s Coming to Town, Last Christmas, All I Want For Christmas Is You ou encore Rudolph The Red Nosed Reindeer de Burl Ives.
Difficile de passer cette journée sans ressasser. Difficile de ne pas imaginer ce qu’il peut bien vivre de son côté… même si je ne le saurai jamais.
Et tant mieux, finalement.
ciel bleu.
Heureusement, le miracle de Noël a opéré : il fait un temps radieux. Le ciel est bleu, les rayons de soleil s’infiltrent dans la maison et éclairent les pièces d’un jaune éclatant. Comme si le ciel savait que j’avais tout particulièrement besoin de sa douceur cette semaine.
Je décide de tirer le meilleur de ce que les 24 et le 25 décembre 2025 ont à m’offrir : la présence réconfortante de ma mère, la douceur d’une maison à la campagne, les flammes apaisantes d’un poêle à bois, tout le temps du monde pour faire de longues séances de Pilates, un frigo rempli de bonnes petites choses à grignoter, un puzzle de 1 000 pièces à finir, des lectures qui m’attendent, mon fidèle compagnon Animal Crossing (vous ai-je déjà dit que j’étais totalement fan de cette franchise ?) et une bonne poignée de plateformes sur lesquelles regarder tout un tas de films et de séries.
Même si ce n’est pas le Noël que j’aurais souhaité, je n’ai pas tout perdu et je suis loin d’être seule et démunie.
Me voici donc, pleine de bonne volonté, prête à contrer mes idées noires et embrasser l’esprit de Noël.
cadeaux.
Quelques jours plus tard, l’heure est enfin venue de passer les fêtes, au complet, avec toute ma famille. Je retrouve des cousines qui me remontent immédiatement le moral. On trinque, on s’agglutine ensemble autour du buffet bien garni, on se régale de crevettes, petits toasts et parts de quiches, et on rigole de concert à gorge déployée.
Je vis pleinement le moment présent et me délecte de ces moments simples et authentiques. Dans lesquels je n’ai pas besoin de faire semblant d’aller bien. Car, l’espace d’un weekend, leur présence, leur énergie communicative et notre complicité profonde suffisent à panser mes blessures.
Enfin, les cadeaux s’amoncellent sous le sapin et la petite fille en moi refait surface. Toute excitée en lisant mon prénom sur les étiquettes.
Avant de me mettre à les déballer, je prends plaisir à observer ce qu’il se passe autour de moi. Un moment qui m’est savoureux : voir le sourire se dessiner sur le visage de mes proches tandis qu’ils découvrent ce que j’ai sélectionné avec soin en pensant à eux. Des clins d’œil, des petites babioles ou des surprises à plus gros budget (car j’ai parfois du mal à me fixer une limite, oups).
Vient alors mon tour. Et j’ai été particulièrement gâtée cette année. Une manière pour mes proches de me signifier : « On sait que c’est dur en ce moment, tiens, voilà des petites choses pour te remonter le moral ».
Je défais les petits bouts de scotch et délivre joyeusement mes paquets de leur emballage, à qui je redonne leur liberté. Je découvre alors du thé aux épices, des produits de beauté, un nouveau puzzle (une passion serait-elle née ?) ainsi que des livres dont l’album illustré La Nuit Retrouvée de Julie Lafont et Pénélope Bagieu qu’il me tarde de dévorer.
En cette fin décembre, je me sens entourée, apaisée et remplie d’amour. Peut-être pas celui que j’attendais initialement, mais un amour suffisamment profond, sincère et inconditionnel pour me réconcilier avec cette période.
L’enfant en moi est ravie.
Et l’adulte, elle, retrouve le sourire.
À la semaine prochaine pour le chapitre 9,
Olive 🌅
(n’hésite pas à partager ta propre expérience en commentaire 🩷 Et si tu vis, comme moi, une peine de cœur en ce moment : n’oublie pas que tu n’es pas seul.e 🩷)



Très beau texte Olive,.Merci.
Je me surprend à attendre tes textes comme les cartes postales d'une amie qui m'envoie de ces nouvelles du lointains, 🙂,merci
Le sourire retrouvé ;)